La franc-maçonnerie à travers un livre : Le Symbole Perdu - Dan Brown

La couverture française du livre
La couverture française du livre

Le Symbole Perdu est un livre écrit par l'écrivain américain Dan Brown, sorti durant l'année 2009 dans plusieurs pays dans le monde. Il met en scène Robert Langdon, professeur en symbologie se rendant à Washington à la demande express d'un de ses amis, qui se retrouve rapidement obligé de décrypter toute une liste de symboles qui en mènent à d'autres, pour sauver son ami Peter. Il fut accueilli de manière mitigée par la critique : même si la plupart s'accordent à dire que c'est un véritable "page turner", expression anglaise désignant le fait qu'on ne pose pas le livre avant de l'avoir terminé, le manque de profondeur des personnages est souvent dénoncé. Quoi qu'il en soit, le livre rapporte énormément d'argent, et fait couler beaucoup d'encre. Une visite des lieux de l'histoire a même été créée dans Washington.

 

Mais pourquoi parler d'un livre dans un site pourtant dédié à la franc-maçonnerie ? Sans doute l'auriez vous deviné : l'intrigue du livre se base sur l'institution maçonnique.

 

Dès le début du livre, cela nous apparaît : il commence en effet par la cérémonie d'initiation au 33è degré, le plus haut grade maçonnique, de la personne qui se révélera plus tard être le "méchant" de l'histoire. Nous sommes donc plongés non pas dans la franc-maçonnerie de "base", mais plutôt à son plus haut niveau.

De nombreux livres sont sortis afin de décoder le Symbole Perdu, et la plupart se contredisent sur quelques points. Encore une fois, comment démêler le vrai du faux ? Malheureusement, cela est extrêmement difficile... Ainsi, le texte qui suivra s'aventurera dans le domaine des hypothèses et ne se basera malheureusement pas sur la solidité de faits avérés.

 

Choses considérées comme vraies :

 

- une des devises de la franc-maçonnerie serait "ordo ab chaos, qui veut dire "l'ordre à partir du chaos";

- un franc-maçon ayant besoin d'aide devrait dire "n'y-t-il aucune aide pour le fils de la voeuve ?". Un franc maçon entendant ça aurait alors l'obligation de faire tout ce qui est en son pouvoir afin d'aider son frère.

- lorsque l'on dessine l'étoile de David sur le grand sceau des Etats-Unis représenté sur les billets d'un dollar, l'oeil qui voit tout, symbole maçonnique, se superpose parfaitement avec la pyramide. De plus, les 6 branches de l'étoile désignent les lettres "MASON", mot transparent voulant dire "maçon".

 

La preuve en image :

- le 33è grade est le plus haut grade en franc-maçonnerie. L'obélisque de Washington fait d'ailleurs 333 pieds de haut...

- les premières pierres (pierres angulaires) de la plupart des grands monuments de Washington ont été posées par des franc-maçons, au terme d'une cérémonie. C'est le cas pour le Capitole (voir représentation ci-dessous), ou encore pour l'obélisque appelé plus communément le "Washington Monument"

 

 

- une statue, nommée Kryptos, se trouve dans l'enceinte de la CIA et aurait un rapport avec la fraternité. Pleins de lettres l'ornent, et elles semblent à priori totalement illogiques et incompréhensibles. Cependant, une grosse partie a été déchiffrée, même si l'entiereté du cryptage n'a pas encore été résolu. La croyance populaire accorde cette statue et ses symboles cachés à la franc-maçonnerie, mais toutes sortes d'autres hypothèses lui sont attribuées.

 

 

Choses énoncées dans le livre considérées comme fausses :

 

- le livre indique que le directeur de la CIA (actuellement David Patreus) serait franc- maçon. Aucune information ne vient corroborer ce fait.

- pour la plupart des cérémonies d'initiation, des menaces de châtiment sont faites. Il ne faut pas les prendre au sérieux : la plupart ne sont que des symboles, et il n'y a eu dans l'histoire qu'un seul franc-maçon assassiné : le capitaine Morgan dont le corps n'a jamais été retrouvé alors qu'il avait fuit la fraternité pour en dévoiler les secrets.

- la cérémonie d'accession au 33è grade est décrite : l'initié doit boire du vin dans un crâne, en prononçant "puisse ce vin que je bois maintenant se muer en poison mortel si jamais je trahis sciemment et volontairement mon serment de volonté". Ce rituel, inspiré du rite de Cerneau, aurait existé et aurait été pratiqué par une poignée de francs-maçons. Cependant, il est difficile de dire si cette pratique est toujours d'actualité.

- Robert Langdon, le héros du livre, dit qu'il est interdit de parler de religion dans la franc-maçonnerie. Même si c'est le cas dans certaines loges, d'autres le permettent.

 

 

Ainsi, les faits réels semblent plus nombreux que les faux. Malgré une grande partie romancée, Dan Brown se base sur de solides connaissances à propos de la franc- maçonnerie, même si quelques éléments sont ajoutés pour les besoins du récit, mais aussi pour entretenir la curiosité et le suspens. Il est de toute façon évident que l'institution conserve des secrets... Mais ce bel enjolivement de la franc- maçonnerie ne peut que créer des fantasmes dans l'esprit du lecteur qui, pantois, acquiert ou plutôt croit acquérir des connaissances qui ne sont pas forcément réelles, d'autant plus que l'auteur nous assure, avant même de commencer notre lecture, que "tous les rituels, éléments scientifiques, monuments et oeuvres d'art décrits dans cet ouvrage sont authentiques". De quoi laisser un lecteur dénué de tout esprit critique perplexe, et lui empêcher d'établir une limite entre les véritables informations et les simples divagations d'un romancier qui pour faire vendre se joue des fantasmes liés aux sociétés secrètes et ésotériques.